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C-10

Le gouvernement du Canada a déposé à la Chambre des communes, le 20
septembre 2011, son projet de loi Omnibus, qui comprend 9 projets de loi
présentés lors de la dernière session du Parlement. Ce projet de loi
s’intitule Loi sur la sécurité des rues et des communautés. De
nombreux organismes, dont Alter Justice, l’Association
des services de réhabilitation sociale du Québec, la Société John Howard
du Canada et l’Association canadienne des Sociétés Élizabeth Fry, s’opposent
vivement à l’adoption d’un tel projet de loi et nous vous encourageons à
joindre votre voix pour faire connaître à nos dirigeants politiques notre
opposition.
Le projet de loi C-10 est à l’étape de l’étude en Comité parlementaire
avant de passer en troisième et dernière lecture à la Chambre des communes.
Il est donc URGENT d’agir pour faire connaître notre point de vue.
Dites NON au projet de loi C-10
Voici trois façon de manifester votre opposition au projet de loi C-10
1 — L’Association des services de réhabilitation sociale du Québec
(ASRSQ), dont Alter Justice fait parti, propose une campagne de cartes
postales. Nous vous rappelons que tout envoi à un bureau de député à
la Chambre des communes ne nécessite pas de timbre.
2 — Une pétition en ligne par Avaaz.org
http://www.avaaz.org/fr/stop_harpers_cruel_crime_bill/?cl=1378862160&v=11035
3 — L’organisme À l’action (version française de leadnow.ca)
vous propose une campagne de message électronique à l’intention du ministre
de la Justice du Canada Rob Nicholson au
http://leadnow.ca/fr/pour-un-canada-securitaire et une seconde campagne
de message électronique à l’intention du premier ministre du Québec Jean
Charest au
http://leadnow.ca/fr/pour-un-quebec-securitaire
A propos du projet de loi C-10
Par : L'Association des services de réhabilitation sociale du Québec
Voici, en résumé et de façon non exhaustive, ce que contient le projet de
loi C-10 (vous pouvez le consulter sur internet au
http://canada.gc.ca/accueil.html
et cliquez sur Parlement):
1. Amendements au Code criminel pour mieux protéger les enfants et
les adolescents contre les prédateurs sexuels :
- nouvelles peines minimales obligatoires et élimination de peines
avec sursis dans certains cas
- alourdissement de peines minimales obligatoires pour 9 infractions
- accroissement des peines maximales d’emprisonnement pour 4
infractions
2. Alourdissement des peines sanctionnant les infractions graves
liées aux drogues
- peines minimales obligatoires dans certains cas
- accroissement de la peine maximale en cas de production de certaines
drogues (dont la marijuana) de 7 à 14 ans
3. Amendement à la Loi sur le système de justice pour adolescents
- faire valoir la protection de la société comme principe fondamental
de la loi
- renforcer les peines imposées et réduire les entraves à la mise en
détention des jeunes contrevenants violents et récidivistes
- exiger du ministère public qu’il envisage des peines applicables aux
adultes dans certains cas
- exiger des tribunaux qu’ils envisagent de lever l’interdit de
publication des noms des jeunes contrevenants dans certains cas
4. Abolition des peines avec sursis en cas de certains crimes
- exclut du sursis toutes les infractions dont la peine maximale
prévue est 14 ans ou l’emprisonnement à perpétuité
- exclut les infractions punissables par voie de mise en accusation
dont la peine maximale prévue est de 10 ans où il y a lésions
corporelles, importation/exportation, trafic ou production de drogues ou
usage d’armes
- exclut les infractions suivantes punissables par voie de mise en
accusation dont la peine maximale est de 10 ans : évasion ou tentative
d’évasion de prison, vol de véhicule automobile, harcèlement criminel,
agression sexuelle, enlèvement et séquestration, traite de personne pour
un avantage matériel, enlèvement d’une personne de moins de 14 ans, vol
de plus de 5 000 $, introduction par effraction dans un dessein
criminel, présence illégale dans une maison d’habitation et incendie
criminel avec intention frauduleuse.
5. Amendements à la Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition
- consacrer la participation des victimes aux audiences de la CLCC et
tenir ces mêmes victimes au fait du comportement et du traitement des
délinquants (par ex. : des infractions disciplinaires, les
transfèrements et le nom de l’établissement, etc.)
- «faire répondre davantage les délinquants de leurs actes en
modernisant les sanctions disciplinaires et en ajoutant l’obligation
devant la loi de dresser pour chaque délinquant un plan correctionnel
énonçant des attentes en matière de comportement, des objectifs de
participation à des programmes et des obligations à respecter en matière
de dédommagement des victimes ou d’aide alimentaire aux enfants»
6. Abolition de la notion de pardon et modifications majeures aux
règles d’admissibilité
- remplace le terme «pardon» ou «réhabilitation» dans la version en
français par la notion de «suspension du casier judiciaire»
- prolonge de 3 à 5 ans le délai d’admissibilité pour les infractions
punissables par déclaration sommaire de culpabilité et de 5 à 10 ans
pour les infractions punissables par voie de mise en accusation
- refuse l’admissibilité à la suspension du casier judiciaire pour
certaines personnes : celles reconnues coupables d’une infraction
d’ordre sexuel à l’égard d’un enfant, de plus de 3 infractions dont
chacune a fait l’objet d’un acte d’accusation, ou d’une infraction
d’ordre militaire dont la peine maximale est l’emprisonnement à
perpétuité, et pour lesquelles ces personnes ont été condamnées à une
peine d’emprisonnement de 2 ans ou plus.
- Ces modifications étaient contenues dans l'ancien projet de loi
C-23b. Pour plus de détails, consultez notre
dossier spécial
7. Amendements à la Loi internationale sur le transfèrement des
délinquants
- pouvoirs accrus donnés au ministre de la sécurité publique de
refuser des transfèrements de détenus au Canada en provenance d’autres
pays et selon des critères précis
8. Adoption d’une Loi sur la justice pour les victimes d’actes de
terrorisme
- permettre aux victimes de demander réparation des pertes ou dommages
causés par les actes de terrorisme
9. Amendements à la Loi sur l’immigration et la protection des
réfugiés
IMPACTS PRÉVISIBLES DE CE PROJET DE LOI
- Augmentation importante de la population carcérale dans les prisons
provinciales et territoriales
- Augmentation substantielle de la population carcérale dans les
pénitenciers fédéraux
- Surpopulation carcérale et augmentation de la tension dans les
établissements
- Conditions de détention inhumaines dans certains cas
- Programmes de construction massive de prisons
- Explosion des dépenses en matière de justice et des services
correctionnels tant provinciaux que fédéraux
- Effritement, encore une fois, du pouvoir discrétionnaire de la
magistrature dans l’établissement de sentences
- Système de justice criminelle de plus en plus axé sur un seul
facteur, le délit, sans tenir compte des autres facteurs tels les
circonstances, la personne commettant le délit, la nature du délit, etc.
- Contribution à une crise budgétaire où les gouvernements risquent
d’être confrontés à des décisions difficiles comme payer pour les
prisons et couper dans certains services essentiels.
- Création de conditions encore plus difficiles de réinsertion sociale
et de réhabilitation en éliminant la notion de «réhabilitation» ou
«pardon» et en rendant encore plus inaccessible la mesure de suspension
du casier judiciaire. Donc stigmatisation accrue au plan de
l’emploi, du logement, des assurances, des occasions de voyage, etc.
CONCLUSION
Le Projet de loi omnibus C-10 en matière de justice criminelle est à la
fois inutile et créateur d’injustices. Il vise directement les
citoyens canadiens les plus vulnérables de notre société. Il en
résultera le recours extrêmement coûteux à l’emprisonnement additionnel de
milliers de jeunes, de personnes souffrant de maladies mentales et de
personnes vivant dans la pauvreté (pour la plupart provenant des Premières
nations) pendant de plus longues périodes de temps. Et pour répondre à
quel besoin? Le taux de criminalité avec violence est en chute
constante depuis plusieurs années. Selon Statistique Canada, il est à
son plus bas niveau depuis 1973.
La construction de plus de prisons et
l’embauche massive d’agents correctionnels contribueront certainement à
mener des milliers de jeunes gens à devenir des criminels endurcis en les
mettant en contact avec le milieu carcéral, reconnu depuis longtemps comme
étant une «école du crime» à bien des égards. Le projet de loi propose
des mesures qui ne reposent pas sur des données probantes en matière de
justice criminelle et de services correctionnels et qui se sont avérées
inefficaces et très coûteuses dans plusieurs pays qui les ont adoptées, dont
les États-Unis.
Pour toutes ces raisons, nous vous encourageons à vous joindre à nous
pour exprimer notre opposition à l’adoption du projet de loi C-10 en
envoyant des cartes postales à votre député, au premier ministre et aux
ministres de la justice et de la sécurité publique.
ASRSQ
29 septembre 2011.
Mise en ligne le : 15 novembre 2011
© Alter Justice