Statistiques

Criminalité : à la hausse ou à la baisse ?

Le taux de criminalité au Québec et au Canada

Dernière mise à jour : 23 juillet 2019

Taux de criminalité (Canada / Québec)

CDA (2018) : 5 488 / 100 000 hab.

QUÉ (2018) : 3 304 / 100 000 hab.

Les crimes déclarés par la police au Canada, tels que mesurés par le taux de criminalité et l'Indice de gravité de la criminalité (IGC), ont augmenté pour une quatrième année consécutive en 2018. Le taux de criminalité national ainsi que l'IGC déclarée par la police ont augmenté de 2 %.  L'IGC est une mesure des crimes déclarés par la police qui tient compte à la fois du volume et de la gravité des crimes. La majorité des crimes commis sont des infractions contre la propriété [voir les catégories d'infractions]

"L’année 2018 a été marquée par plusieurs affaires criminelles qui ont fait de nombreux morts et blessés. En particulier, la ville de Toronto a été touchée par la découverte d’une série d’homicides ayant fait huit victimes au cours d’une période de sept ans, soit de 2010 à 2017 (Power, 2019). Mentionnons également l’attaque survenue dans le quartier des affaires du centre-ville de North York, à Toronto, lorsque des piétons ont été délibérément happés par une fourgonnette, l’incident ayant fait 10 victimes d’homicide et 13 victimes de tentative de meurtre. Une fusillade s’est également produite sur l’avenue Danforth, dans le quartier grec de la ville, laquelle a fait 2 victimes d’homicide et 13 victimes de tentative de meurtre (Barron, 2017; CBC News, 2018). Par ailleurs, près d’Armley, en Saskatchewan, une infraction de conduite dangereuse d’un véhicule à moteur a fait 16 morts et 13 blessés lorsqu’un camion semi-remorque a heurté un autobus transportant les Broncos de Humboldt, une équipe de hockey junior de la Saskatchewan (The Globe and Mail, 2018). Ensemble, ces graves infractions ont eu une incidence sur les statistiques de la criminalité à l’échelle locale, provinciale et nationale.

Les changements apportés aux normes de déclaration relatives au Programme de déclaration uniforme de la criminalité(DUC) en 2018 doivent également être pris en compte dans l’examen des tendances pour cette année. En 2017, Statistique Canada, en collaboration avec les services de police, a modifié la définition d’affaire criminelle « fondée » dans le Programme DUC. La nouvelle définition, qui représente un engagement à l’égard d’une approche axée sur les victimes d’actes criminels, comprend les affaires pour lesquelles il n’existe aucune preuve crédible confirmant que l’affaire n’a pas eu lieu et celles qui sont fondées sur des rapports fournis par une tierce partie. Les changements apportés comprennent également l’ajout de nouvelles options de déclaration qui permettent aux services de police d’expliquer la raison pour laquelle une affaire n’a pas été classée (c.-à-d. résolue) (Centre canadien de la statistique juridique, 2018). Les nouvelles normes sont entrées en vigueur le 1er janvier 2018. Lors de l’élaboration de ces normes, on a reconnu que les changements auraient une incidence à la fois sur les taux de classement des affaires et sur le nombre d’affaires criminelles déclarées à Statistique Canada, et les services de police ainsi que le public en ont été informés. "

Source : Statistique Canada.

 

En baisse depuis le sommet de 1991

Malgré les hausses observées depuis les denières années, le taux de criminalité au Canada et au Québec demeure beaucoup plus bas en comparaison avec le sommet atteint au début des années 1990. Celui-ci est passé de 10 342 / 100 000 habitants en 1991, à 5 488 / 100 000 habitants en 2018. 

Ce sont les provinces de l'Ouest qui affichent les plus hauts taux de criminalité au Canada par provinces.  Le Québec, l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard ont respectivement les taux de criminalité les plus bas et inférieurs à la moyenne canadienne.  De leurs côté, la Saskatchewan, le Manitoba et l'Alberta affichent respectivement les taux de criminalité les plus élevés parmis les provinces canadiennes.  Cela dit, ce sont les trois territoires canadiens qui présentent les taux de criminalité les plus élevés au Canada, le taux le plus élevé étant de 42 303 / 100 000 hab. dans les Territoires du Nord-Ouest.

Échec de l'approche répressive et coûteuse

À la lumière des statistiques précédentes, on remarque que l'approche répressive et coûteuse préconisée par le gouvernement fédéral canadien entre 2006 et 2015 n'a pas eu d'impact sur la criminalité au Canada. Le taux de criminalité n'a connu aucune baisse marquée suivant l'adoption des mesures répressive. Au contraire!   Les données sur la criminalité semblent confirmer ce que les études démontrent, à savoir que « les politiques de justice pénales fondées sur la croyance selon laquelle une "ligne dure" permet de réduire la récidive ne sont pas appuyées par des données empiriques. » [1].

Sources :

Statistique Canada.  Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2018. [juillet 2019]    Consulter le document (site externe) >>>

 Statistique Canada.  Tableau  35-10-0177-01   Statistiques des crimes fondés sur l'affaire, par infractions détaillées, Canada, provinces, territoires et régions métropolitaines de recensement. 

1. Smith, P. Goggin, C et Gendreau, P. Effets de l'incarcération et des sanctions intermédiaires sur la récidive : effets généraux et différences individuelles (Rapport pour spécialistes 2002-01), Ottawa, Solliciteur général du Canada, 2002.

 

Mise en ligne : décembre 2010 © Alter Justice